Prendre Le Large: Un Récit Initiatique

Prendre Le Large (2017) un film français réalisé par Gaël Morel sur un thème inhabituel.

A Still from the Film
Photo: Bonnaire et Fettu. Credit: lepetitjournal.com

Prendre Le Large (2017) est un film français réalisé par Gaël Morel et incarné par la formidable Sandrine Bonnaire, Mouna Fettu et un aimable Kamal El Amri. C’est un film qui c’agit d’un sujet plutôt non-conventionnel. Il nous raconte le parcours d’une femme d’âge moyen, Edith Clerval, ouvrière textile, qui laisse sa vie confortable dans un pays développé pour travailler dans des conditions atroces à Tanger, Maroc.

Tandis que certains ouvriers decident de partir en grève pour protester la délocalisation de l’usine à Maroc (où la main d’œuvre est moins onéreuse), d’autres préfèrent le chômage et acceptent les indemnités. Seule Clerval, refuse le licenciement proposé par son entreprise textile et à la surprise générale, décide d’être reclassée au Maroc comme couturière.

La seule justification qu’offre Morel pour cette énorme invraisemblance est la profonde solitude de la cinquantenaire, veuve, rejetée par son fils gay et qui veut ‘prendre le large,’ une expression qui se traduit en Anglais comme ‘Catch the Wind.’ Elle est tellement affamée de connexion humaine qu’elle voyage au bout du monde à une ville sulfureuse et inondée de mer où, comme nous le dit le Musulman au volant, ‘il y en a autant de fous que des chats.’

Il y en a déjà dizaines de films à propos des voyages des immigrants aux pays développés dans l’espoir d’une vie meilleure. Mais ce film prend comme prémisse le voyage à l’envers. Enfin, il devient un récit initiatique d’une femme qui va se confronter à une autre culture et d’autres mœurs que les siennes et dans un pays où la religion a un poids très fort sur la vie des femmes. Le film se fait l’écho aussi du fossé entre deux manières de travailler dans des usines qui sont bien différentes. En effet, il réfléchit sérieusement sur la notion du ‘travail’ elle-même, qui chez Edith est une question d’éthique et de principe, mais chez Mina, la logeuse Marocaine, c’est une réalité incontournable.

On apprécie aussi comment le film met en relief le privilège que jouit Edith à cause du couleur de sa peau et aussi la vulnérabilité simultanée qu’elle expérience comme femme et ouvrière dispensable. En effet, ce qui avait commencé comme une simple balade finit par des expériences d’être agressée, malmenée, accusée à tort et renvoyée de son travail et finalement d’être ramenée à un hôpital en raison de l’épuisement.

S’il y a quelques baisses de rythme dans le dernier tiers et un passage un peu exagéré, ce film aborde des sujets épineux d’actualité avec subtilité et cette balance et son dénouement heureux charment durablement.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.